Le conjoint survivant
S'il vit dans le logement au jour du décès, la condition d'occupation est remplie.
Immobilier
C'est souvent le bien le plus chargé de souvenirs — et le plus lourd fiscalement. Bonne nouvelle : la loi prévoit un abattement de 20 % sur sa valeur et protège le maintien du conjoint survivant dans les lieux. Explications, simplement.
L'essentiel en 30 secondes
Fiscalité
Point de départ : l'administration retient la valeur vénale du logement, c'est-à-dire le prix auquel il pourrait normalement se vendre au jour du décès. Sur cette valeur, un abattement obligatoire de 20 % vient réduire la base taxable lorsqu'il s'agit de la résidence principale du défunt.
Concrètement : un logement estimé 400 000 € n'est retenu qu'à hauteur de 320 000 € pour le calcul des droits. Et comme la réduction s'applique avant la répartition entre héritiers, chacun en profite au prorata de sa part.
Cet abattement de 20 % se cumule ensuite avec les abattements personnels classiques (100 000 € par parent et par enfant en ligne directe, exonération totale du conjoint et du partenaire de PACS).
Conditions
L'abattement n'est accordé que si, au jour du décès, la résidence principale est occupée par au moins l'une des personnes suivantes :
S'il vit dans le logement au jour du décès, la condition d'occupation est remplie.
Il est placé sur le même plan que le conjoint pour cette condition d'occupation.
Enfants du défunt ou de son conjoint : mineurs, majeurs, majeurs protégés ou infirmes. Un seul suffit.
Si aucune de ces conditions d'occupation n'est remplie — logement vide, loué, ou occupé par un tiers —, l'abattement de 20 % n'est pas applicable.
Attention
Le dispositif des 20 % est réservé aux successions. Il est expressément prévu qu'aucun abattement de ce type ne s'applique en matière de donation de la résidence principale.
Cela ne veut pas dire qu'anticiper est inutile, au contraire : la donation de la nue-propriété avec réserve d'usufruit permet de ne taxer qu'une fraction de la valeur du bien, selon le barème de l'article 669 du CGI. À arbitrer au cas par cas — notre simulateur usufruit / nue-propriété vous aide à comparer.
Cas particuliers
Indépendamment du caractère de résidence principale, certains immeubles bénéficient d'exonérations ou d'abattements spécifiques en succession : monuments historiques, biens situés en Corse, immeubles relevant de dispositifs anciens, etc.
Ces régimes tiennent à la nature ou à la localisation du bien — pas au seul fait qu'il s'agisse du logement principal. Ils peuvent se superposer aux 20 %, ce qui justifie souvent un examen sur mesure.
Et pour le conjoint ?
Sur le plan civil, deux protections visent le logement qui constituait l'habitation principale au moment du décès.
Pendant un an à compter du décès, le conjoint survivant dispose d'un droit de jouissance sur le logement familial et sur le mobilier qui le garnit. Objectif : garantir le maintien dans les lieux immédiatement après le décès, sans démarche urgente à accomplir.
Lorsque le conjoint survivant occupait effectivement, à titre d'habitation principale, un logement appartenant aux époux ou dépendant totalement de la succession, il bénéficie jusqu'à son décès :
À noter : ces droits d'usage et d'habitation sont distincts d'un usufruit classique. Ils portent sur la résidence principale remplissant les conditions ci-dessus, et non sur l'ensemble du patrimoine.
En cas de perte du bien (destruction, expropriation…), les règles suivantes s'appliquent :
Fiscalité
Lorsque le conjoint survivant est seul propriétaire du bien au décès et que ce bien constitue sa résidence principale au moment de la vente, la cession est exonérée d'impôt sur la plus-value immobilière.
Cette exonération relève du régime général des plus-values immobilières applicable à la résidence principale : elle ne dépend pas d'une durée de détention minimale.
En synthèse
FAQ
Pour aller plus loin : transmettre son patrimoine immobilier, protéger le conjoint survivant ou éviter l'indivision.
Bon à savoir
Tout ce qu'il faut savoir sur le bilan succession et la transmission de patrimoine.