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Ma succession

Le testament

« L'acte par lequel le testateur dispose, pour le temps où il n'existera plus, de tout ou partie de ses biens et qu'il peut révoquer » (article 895 du Code civil). Autrement dit : le seul moyen de faire entendre votre voix, plutôt que celle de la loi.

Le principe

À quoi sert un testament ?

Le testament permet d'organiser sa succession. Son rédacteur — le testateur — y désigne les personnes qui recevront à son décès une partie ou la totalité de son patrimoine : les légataires, gratifiés par des legs.

À défaut de volonté exprimée, ce sont la loi seule qui désigne les héritiers et fixe leurs droits dans la succession. Le testament est donc l'outil qui vous permet de vous écarter — dans les limites autorisées — de ce scénario par défaut.

Validité

Les conditions à respecter

  • Un testament n'est valable que s'il est rédigé par une seule personne : pas de testament conjoint entre époux.
  • Il faut posséder la capacité juridique de disposer de ses biens : en principe être âgé de plus de 18 ans et avoir toutes ses facultés mentales.
  • La forme retenue doit respecter ses propres règles de validité (écriture, date, signature, témoins selon les cas).
  • Pour s'assurer que la succession sera réglée conformément à sa volonté, le testateur peut désigner un exécuteur testamentaire.

Les formes

Quatre formes de testament

Le testament olographe

La forme la plus utilisée. Rédigé sur papier libre, intégralement de la main du testateur, daté précisément et signé de sa main. Il suffit qu'il soit « écrit en entier, daté et signé de la main du testateur ». Mieux vaut numéroter et parapher chaque feuille. Aucun frais, révocation facile.

Le testament authentique

Dicté à un notaire en présence de deux témoins majeurs comprenant le français, ou à deux notaires. C'est un acte notarié. Ne peuvent être témoins ni les légataires, quelle que soit leur qualité, ni leurs parents ou alliés jusqu'au 4e degré inclus, ni les clercs du notaire recevant l'acte.

Le testament mystique

Aussi appelé « testament secret », très rarement utilisé du fait de sa complexité. Écrit par le testateur ou par un tiers, il est remis clos, cacheté et scellé au notaire en présence de deux témoins majeurs comprenant le français. Le notaire dresse un procès-verbal de remise.

Le testament privilégié

Forme exceptionnelle, réservée à des circonstances particulières (militaires en campagne, situations d'isolement, épidémie…). Sa validité est limitée dans le temps.

Caractéristiques

Ce qui définit juridiquement le testament

1

Acte à cause de mort

Il ne produit effet qu'au décès du testateur et permet d'organiser la transmission de tout ou partie de son patrimoine.

2

Acte unilatéral et révocable

Il exprime la seule volonté du testateur — ce n'est pas un contrat — et peut être modifié ou révoqué à tout moment.

3

Forme écrite obligatoire

Pas de testament oral. Plusieurs formes sont possibles (olographe, authentique…), chacune avec ses propres conditions de validité.

4

Contenu possible

Dispositions patrimoniales (legs universel, à titre universel, à titre particulier) et dispositions extra-patrimoniales, dans la limite de ce que la loi autorise.

La rédaction d'un testament est techniquement délicate — validité, portée, respect des règles impératives de la succession. En pratique, le recours à un professionnel du droit, notamment un notaire, est vivement recommandé.

Sécuriser

L'inscription au fichier central des dernières volontés

Le testament est enregistré en ligne sur le fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV, tenu par l'ADSN). Cette mesure préventive est obligatoire pour le testament authentique et facultative pour les autres formes, qui y sont inscrites en l'absence d'opposition du testateur.

Objectif : centraliser tous les testaments pour améliorer le règlement des successions. Tout notaire chargé d'une succession doit consulter ce fichier, faute de quoi il engage sa responsabilité professionnelle. N'importe quel notaire peut ainsi vérifier si le défunt avait rédigé un testament.

Modifier

Modifier ou révoquer son testament

De son vivant et à tout moment, le testateur peut révoquer certaines ou toutes ses dispositions, par un nouveau testament ou par une déclaration notariée de changement de volonté. Cette faculté est inscrite à l'article 895 du Code civil.

La révocation « à la carte »

L'article 1035 du Code civil précise que la révocation peut être globale ou seulement partielle. Selon l'article 1036, lorsqu'un testament n'annule pas expressément les précédents, seules les dispositions incompatibles ou contraires sont annulées : le reste conserve son efficacité.

  • Modification mineure : un codicille (avenant) peut être joint au testament original.
  • Modification intégrale : il faut stipuler expressément la révocation des testaments antérieurs, par exemple « Je révoque toutes dispositions testamentaires antérieures à mon présent testament ».

Révocation expresse

  • Par un nouveau testament : aucun parallélisme des formes n'est exigé. Un testament olographe peut valablement révoquer un testament authentique, et inversement.
  • Par un acte notarié ordinaire : il doit être reçu en présence de deux notaires, ou d'un notaire assisté de deux témoins — exigence limitée au moment de la lecture par le notaire et de la signature des parties (article 9, 2° de la loi du 25 ventôse an XI).

Révocation tacite

En principe, la rétractation tacite n'est pas possible. En excluant la révocation d'un testament par une donation, la Cour de cassation a fixé une liste exhaustive de causes (Cass. civ. 1re, 8 juillet 2015) :

  • rédaction d'un nouveau testament dont les dispositions sont incompatibles avec les premières ;
  • aliénation d'un bien légué (article 1038 du Code civil) ;
  • destruction volontaire du testament par le testateur.

Révocation judiciaire

Extérieure à la volonté du testateur : après le décès, un ou plusieurs héritiers peuvent demander la révocation sur plusieurs fondements.

  • Vices du consentement (article 901) : la preuve peut être apportée par tous moyens — contrainte, abus de faiblesse.
  • Incapacité ou insanité d'esprit : la preuve doit être suffisamment forte, par exemple un dossier médical.
  • Causes proches de la révocation des donations entre vifs (article 1046) : inexécution des charges d'un legs (article 954), ingratitude (article 955 : atteinte à la vie du testateur, sévices, délits ou injures graves, refus d'aliments), atteinte grave à la mémoire du testateur (article 1047).
  • Atteinte à la réserve héréditaire : les héritiers réservataires exercent une action en réduction ; les libéralités sont réduites et le gratifié doit une contre-valeur pour reconstituer la réserve.

La rétractation de la révocation

Le testateur peut se rétracter après avoir révoqué son testament. Cette action annule rétroactivement la révocation : le testament d'origine retrouve alors application en cas de décès.

Bon à savoir

Qui peut agir, et dans quel délai

L'action en nullité d'un acte à titre gratuit pour insanité d'esprit ne pouvant être introduite par les héritiers qu'à compter du décès du disposant, la prescription ne commence à courir qu'au décès du testateur.

Par ailleurs, l'action en nullité relative pour insanité d'esprit n'est ouverte qu'aux successeurs universels, légaux et testamentaires. Le bénéficiaire d'un legs particulier révoqué par un testament postérieur n'a donc pas qualité pour agir : un légataire particulier, jamais institué légataire universel, n'est pas héritier au sens de continuateur de la personne du défunt et ne peut se poser en gardien de ses dernières volontés.

Questions fréquentes

Vos questions sur le testament

Bon à savoir

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Tout ce qu'il faut savoir sur le bilan succession et la transmission de patrimoine.

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