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Ma succession

Réserve héréditaire et quotité disponible

En France, on ne transmet pas tout à fait librement : une part du patrimoine est réservée à vos enfants, l'autre reste à votre libre disposition. Comprendre où passe la frontière, c'est retrouver votre marge de manœuvre.

Le principe

Deux parts, deux logiques

En présence d'héritiers réservataires, il n'est pas possible de transmettre librement la totalité de son patrimoine par donation ou par succession : ces héritiers bénéficient d'une part protégée, la réserve héréditaire. En revanche, vous disposez librement du reste : la quotité disponible (QD).

La proportion entre les deux varie selon la présence — ou non — d'enfants du défunt. Autrement dit : plus vous avez d'enfants, plus la part protégée augmente, et plus votre liberté de gratifier un tiers, une association ou votre conjoint se réduit.

Première part

La réserve héréditaire

C'est la part des biens et droits successoraux dont la loi assure la dévolution libre de charges à certains héritiers dits réservataires, s'ils sont appelés à la succession et s'ils l'acceptent.

Conséquence pratique

Cette part ne peut pas être donnée ni léguée librement. Le défunt ne peut donc pas, par des donations ou un testament, priver totalement les héritiers réservataires de cette fraction minimale. En France, on ne déshérite pas un enfant.

Qui sont les héritiers réservataires ?

  • Les descendants en ligne directe : les enfants, et à défaut les petits-enfants venant par représentation.
  • À défaut de descendant, le conjoint survivant bénéficie d'une « part incompressible » (le quart de la succession) assimilée à une forme de réserve.

Point souvent mal compris : il s'agit d'une réserve globale. Aucun héritier n'a de réserve « personnelle » ; les réservataires se partagent une réserve commune, à parts égales.

En chiffres

Parts des enfants en ligne directe

Voici comment se répartissent réserve et quotité disponible selon le nombre d'enfants :

1 enfant

Réserve 1/2 · Quotité disponible 1/2

L'enfant reçoit au minimum la moitié.

2 enfants

Réserve 2/3 · Quotité disponible 1/3

Chaque enfant reçoit au minimum 1/3 du patrimoine.

3 enfants et plus

Réserve 3/4 · Quotité disponible 1/4

Les 3/4 se partagent à parts égales entre tous les enfants.

Exemple. Patrimoine de 600 000 € et deux enfants : la réserve est de 400 000 € (200 000 € par enfant) et la quotité disponible de 200 000 €. Vous pouvez donc léguer 200 000 € à qui vous voulez — votre conjoint, un filleul, une association — sans que personne ne puisse le contester.

Seconde part

La quotité disponible

C'est la part des biens et droits successoraux qui n'est pas réservée par la loi et dont le défunt peut disposer librement par des libéralités : donations et legs.

C'est la fraction du patrimoine que l'on peut attribuer à qui l'on veut — par exemple pour avantager le conjoint survivant ou un tiers — dans la limite du respect de la réserve héréditaire.

Il existe deux types de quotité disponible, selon que le défunt laisse ou non un conjoint survivant face à des descendants : la présence du conjoint modifie les possibilités de libéralités en sa faveur, notamment via une quotité disponible spéciale entre époux.

Quotité disponible ordinaire

1/2, 1/3 ou 1/4 du patrimoine selon le nombre d'enfants. Elle s'applique à toute personne gratifiée : conjoint, partenaire, ami, association…

Quotité disponible spéciale entre époux

Réservée au conjoint survivant, au choix : la totalité en usufruit ; ou 1/4 en pleine propriété et 3/4 en usufruit ; ou la quotité disponible ordinaire en pleine propriété. C'est le cœur de la donation entre époux.

Si la limite est franchie

Quand les libéralités mordent sur la réserve

La vérification ne se fait qu'au décès, sur une masse reconstituée : biens existants, moins les dettes, plus la valeur des donations déjà consenties (réunion fictive). Si les libéralités excèdent la quotité disponible, les héritiers réservataires peuvent agir.

  • Action en réduction : les libéralités excessives sont réduites, en commençant par les legs puis les donations les plus récentes.
  • Indemnité de réduction : le bénéficiaire conserve le plus souvent le bien mais indemnise les réservataires en valeur.
  • Renonciation anticipée à l'action en réduction (RAAR) : un enfant majeur peut, par acte notarié, renoncer par avance à contester une libéralité précise.

Vos leviers

Comment gagner de la marge

  • Donation entre époux : mobiliser la quotité disponible spéciale pour protéger le conjoint sans léser les enfants.
  • Donation-partage : figer les valeurs au jour de la donation et éviter les contestations ultérieures.
  • Démembrement : donner la nue-propriété en conservant l'usufruit, ce qui réduit fortement l'assiette taxable.
  • Assurance-vie : les capitaux versés au bénéficiaire échappent en principe à la succession civile, sauf primes manifestement exagérées.
  • Testament : utiliser précisément la quotité disponible pour attribuer un bien identifié à la bonne personne.

Pour chiffrer l'impact fiscal de ces choix, testez nos simulateurs de succession et de donation.

À retenir

En synthèse

  • La réserve héréditaire protège une part minimale pour certains héritiers, principalement les enfants.
  • La quotité disponible est le « reste », dont le défunt peut disposer librement par donations ou testament.
  • En présence d'un conjoint survivant, des règles particulières élargissent les libéralités possibles en sa faveur.

FAQ

Questions fréquentes

Bon à savoir

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Tout ce qu'il faut savoir sur le bilan succession et la transmission de patrimoine.

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